Mercredi 18 novembre 2020

Théâtre de l’Hôtel de Ville – Le Havre – 20h

  

Schumann - Brahms - Bruch

Le romantisme allemand

 

Photo Masha Mosconi

Voici une trilogie musicale brossant un siècle de musique romantique allemande : à chaque disciple son maître ou inversement. La rencontre entre Brahms et Schumann fût décisive, tant pour l’un que pour l’autre. Tout comme l’admiration et la jalousie ressentie par Max Bruch envers l’illustre Johannes Brahms qui fût très féconde pour le premier des deux.

A la page du 30 septembre 1853, dans cet agenda qui servait aussi, à Robert et à Clara, de journal intime, Schumann avait noté, comme un simple rendez-vous à ne pas oublier : « Herr Brahms, de Hambourg ». Le lendemain, 1er octobre, à la première ligne en haut de la page : « Visite de Brahms. Un génie ! ». Schumann avait reçu Johannes l'après-midi. On n'avait pas tenu de longues conversations. A peine la présentation faite, Brahms s'était aussitôt, à la demande de Schumann, mis au piano. Le premier mouvement de la sonate en ut majeur se terminait à peine que Robert s'était levé en proie à une vive agitation. Il était soudain sorti de la pièce en s'écriant : « Clara doit entendre cela ». Clara était accourue : « Chère Clara, avait dit Schumann, tu vas entendre une musique comme tu n'en as jamais entendu auparavant. Jeune homme, recommencez ! » Et il avait fallu recommencer le premier mouvement. Et puis de même du deuxième, et du troisième, et de tous, parmi les cris de joie et d'émerveillement des Schumann transportés. Dans ces minutes émouvantes, comme d'un coup de foudre, venait de naître cette amitié qui allait unir dorénavant les trois artistes.

Si l’œuvre du jeune Bruch (1838-1920) connut, d’emblée, un vif succès, elle suscita également de sévères critiques et souffrit de la comparaison avec l’œuvre de Brahms (1833-1897) : entre les deux compositeurs une tension s’était peu à peu instaurée. Bien qu’admirant la musique de son rival, Max Bruch souffrait de l’adulation dont ce dernier faisait l’objet. « S’il me fallait rencontrer Brahms au ciel, je demanderais à être transféré en enfer » ira-t-il jusqu’à déclarer. Et c’est le violoniste Joseph Joachim qui saura apaiser la discorde et donner à chacun sa propre place, en écrivant : « les Allemands ont quatre concertos pour violon. Le plus grand, le plus libre de concessions, est celui de Beethoven. Celui de Brahms, par son sérieux, s’inscrit dans la lignée de Beethoven. Le plus riche, le plus envoûtant, fut écrit par Max Bruch. Mais le plus intérieur, le joyau du cœur, nous vient de Mendelssohn. »

Brahms : Trio pour alto, violoncelle et piano opus 114

Schumann : Märchenbilder pour alto et piano opus 113

Schumann : Cinq pièces dans un style populaire pour violoncelle et piano opus 102

Bruch : Huit pièces pour violon, violoncelle et piano opus 83 (extraits)


Ensemble Contraste :

Arnaud Thorette - violon et alto

Antoine Pierlot - violoncelle 

Johan Farjot - piano


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