Dimanche 9 février 2020

Théâtre de l’Hôtel de Ville – Le Havre – 17h

 

De Scylla à Platée, fêtes amoureuses

Airs d'opéra de Leclair et Rameau

Jean-Marie Leclair : Scylla et Glaucus (1746)

Jean-Philippe Rameau : Les Indes Galantes (1735), Les Paladins (1757), Castor & Pollux (1737), Platée (1745), Zoroastre (1749)


Un florilège d’extraits des opéras de Jean-Philippe Rameau et Jean-Marie Leclair, depuis Les Indes Galantes jusqu’à Scylla et Glaucus, en passant par Castor et Pollux, Les Paladins, Platée, Zoroastre...
En 1733, Jean-Philippe Rameau, âgé de cinquante ans, est un théoricien et pédagogue célèbre. Désireux de se lancer sur la scène lyrique, il part en quête d’un livret intéressant, mais on comprend les réticences que beaucoup d’auteurs éprouvent à mettre leurs poèmes entre les mains de ce débutant quinquagénaire. Ce livret tant espéré, il l’obtient enfin de l’Abbé Pellegrin, et le succès d’Hippolyte et Aricie est le début pour Rameau d’une nouvelle et longue carrière de trente ans.
Jean-Marie Leclair, en 1746, est également célèbre dans l’Europe entière pour sa musique instrumentale et sa réputation de violoniste virtuose. Mû par un véritable élan créateur, il décide à l’instar de son illustre collègue Rameau, de débuter une seconde carrière à l’âge de cinquante ans en présentant au public son opéra Scylla et Glaucus. L’oeuvre est composée dans le cadre strict de la tragédie lyrique imaginée par Lully et modernisée par Rameau, mais les parties instrumentales notamment, parlent une langue plus italienne et sont empreintes d’une grande virtuosité. En cela l’ouvrage est l’accomplissement de ce que Couperin appelait les « goûts réunis ».
L’ouvrage connait une deuxième vie sous forme de représentations privées à Lyon en 1750. De même, on sait que l’opéra Hippolyte et Aricie fut monté en privé, chez La Pouplinière, avant d’être présenté au public parisien. C’est dans cet esprit de représentation de chambre, débarrassés du faste et des conventions de la tragédie lyrique et de l’apparat de l’Académie Royale de Musique, que l’ensemble RosaSolis et Magali Léger font entendre les voix de Fatime, esclave d’un prince persan, de Scylla, nymphe confrontée à la jalousie de la magicienne Circé, de la princesse Télaïre, de Zima, fille d’un chef indien…
Autant de personnages amoureux, qui, presque trois siècles après que Rameau et Leclair leur ont donné vie, nous touchent, nous émeuvent, nous émerveillent.

Magali Léger, soprano
Guillaume Humbrecht, Tiphaine Coquempot, violons
Nicolas Crnjanski, violoncelle - Julie Blais, clavecin