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Au début, un petit noyau d'amateurs, des amis qui se rencontraient à divers concerts, qui pratiquaient même de façon très modeste. L'un d'eux un jour s'écrie : "et si on organisait des concerts ?" (de musique de chambre, s'entend et avec de grands artistes). Ça manque au Havre. Car s'il y a, à l'époque, de la musique symphonique, des récitals, des petits ensembles même, il manque la musique de chambre pure, c'est-à-dire la musique en trio ou quatuor. Sitôt dit, sitôt fait. L'idée naît en juin, la saison commence en septembre.

Au début on est 20 puis 50 puis 100. Les salles qui accueillent les concerts deviennent trop petites. C'est presque dommage car on pensait établir un lien entre le type de musique et le cadre architectural. Adieu donc la petite chapelle d'Ingouville avec ses Leçons de Ténèbres mémorables. Adieu, le récital Messiaen de Pierre-Laurent Aimard au milieu des tapisseries de Manessier, à Graville. On s'agrandit et c'est très bien aussi. La salle du Théâtre de l'Hôtel de Ville devient le lieu familier et chaleureux. Les artistes s'y sentent bien et le public aussi, qui depuis des années se lie quasiment d'amitié avec eux.

Car Résonances a choisi de confier une saison, c'est-à-dire cinq ou six concerts, à un musicien ou à un groupe de musiciens. Des artistes comme le violoniste Laurent Korcia, le pianiste Mikhaïl Rudy bâtissent le programme de l'année, invitant leurs partenaires et amis, choisissant les morceaux auxquels ils tiennent. L'artiste s'investit, le public s'attache, chaque saison est différente car elle est le reflet de celui qui la conçoit.

En 2009-2010 un violoncelliste très original – et superbe – François Salque a embarqué tout le monde dans des terres exotiques. En 2010-2011 on sera plus sérieux avec une saison consacrée au Quatuor à cordes, la part la plus noble de la musique de chambre. On sera baroque en 2011-2012 avec Leonardo Garcia Alarcon, invité au Havre avant de triompher sur toutes les grandes scènes d'opéra.

Se succèderont ensuite Les solistes de Salzbourg, Emmanuelle Bertrand, Philippe Raskin, le Trio Talweg....

Alors, aujourd'hui, on se dit qu'il y a trente ans, vouloir partager avec le plus grand nombre sa passion de la musique de chambre, ce n'était pas une utopie.